Travaux de restauration

 Travaux de restauration des gîtes et zones de chasse de chauves-souris (Action C5)

Suite aux premiers inventaires chiroptérologiques et à l’étude de la configuration du site, il avait été décidé fin 2014 de fermer 5 accès à d’anciennes galeries militaires pour permettre aux chauves-souris de giter en toute tranquillité :

- Le blockhaus ouest (1 accès) : Un prestataire extérieur au CEN, sélectionné via un appel d’offre, a installé un mur en béton armé équipé d’une grille à barreaux en mai 2015. Aujourd’hui protégée de la fréquentation, la casemate, sombre, profonde, humide, constitue un gite d’hibernation idéal.

- Deux tunnels souterrains situés au centre et à l’est du site (4 accès). : au tout début de printemps 2015, l’équipe projet du CEN PACA, épaulée par 2 salariés du CEN Rhône-Alpes, a procédé à la fermeture partielle de deux tranchées couvertes. Les tranchées couvertes, obstruées partiellement par des murs en béton armé, offrent quant à elles des gites de reproduction chauds et très peu ventés

Toutes ces fermetures incluent des ouvertures de 15cm afin de laisser passer les espèces de chauves-souris de taille importante, telles que le Grand rhinolophe, présent sur le Mont-Caume. Les choix méthodologiques pour la réalisation des fermetures se sont faits suite à une synthèse bibliographique avec notamment les documents produits dans le cadre d’Eurobats et LIFE + Chiro Med ; ainsi que suite aux conseils d’Alain Bouvard, artisan-bâtisseur spécialisé dans la restauration écologique du patrimoine bâti.

Préalablement aux travaux, les galeries militaires ont été débarrassées des déchets qui les encombraient (détritus, gravas, carcasses de voitures, etc.) et les accès aux chantiers ont été élargis (travaux de débroussaillage). Les fermetures réalisées ont déjà prouvé plusieurs fois leur résistance. Ainsi les barreaux de la grille de la casemate ont résisté à plusieurs tentatives de destruction tandis que les murs des tranchées couvertes sont encore debout, malgré les coups de masse assénés par des visiteurs mal intentionnés.

Au mois de décembre 2017, de petits travaux ont été réalisés pour augmenter l’attractivité du site pour les chauves-souris. Des morceaux de briques alvéolaires ont été posés sur le plafond des tranchées couvertes pour multiplier le nombre de microcavités pouvant accueillir des chauves-souris pendant la période de reproduction. Puis un petit abreuvoir a été mis en place à côté de l’impluvium d’entrée de site afin de permettre à la petite faune, notamment volante comme les chauves-souris, de bénéficier d’un point d’eau sur le Mont Caume sans risque de se noyer et sans qu’il y ait possibilité de vider l’impluvium. 

Travaux de restauration des zones sommitales (Action C7)

       Sur les crêtes du Mont Caume, la dynamique naturelle de reforestation a entraîné, en l’absence d’entretien, la fermeture des milieux ouverts tels que l’habitat d’intérêt communautaire prioritaire « parcours substeppique de graminées et annuelle du Thero-brachypodion ».

       Cet important reboisement est préjudiciable à la présence de nombreuses plantes inféodées aux  pelouses (Alysson épineux, Genet de Lobel, etc.), au développement du Damier de la Succise, papillon protégé au niveau international, communautaire et national, et à l’alimentation des chauves-souris et de certaines espèces d’oiseaux (Bruant ortolan, Fauvette orphée, etc.). De plus, la pinède colonisant également les zones les plus rocailleuses, la Sabline de Provençe, plante endémique de la Basse-Provence, pourrait définitivement disparaître du site.

Grâce à la rédaction du 1ier plan de gestion, le chantier de restauration a pu se préparer dès 2013 :

  • démarche réglementaire : risque pyrotechnique qui en fait est inexistant ; élaboration d’un formulaire simplifié des incidences Natura 2000.
  • réalisation des travaux préalables au chantier début 2014 : réaménagement d’un merlon existant pour permettre le passage du cheval de fer …
  • obtention d’une autorisation d’occupation temporaire du domaine public, à titre gratuit le 23 octobre 2014 grâce au travail réalisé dans le cadre de l’action B1

Ainsi, les travaux de restauration, encadrés par le CEN Rhône-Alpes, ont pu commencer dès octobre 2014 sur le secteur ouest du site. Il s’ait agi de :

  • matérialisation des périmètres d’intervention, en fonction du 1ier plan de gestion
  • déboisement et débroussaillage

Les 10,4 hectares du site ont été ré ouverts.

Puis en 2015, de nouvelles opérations de débroussaillage ont permis d’obtenir une zone ouverte encore plus favorable aux espèces d’intérêt communautaire. Malgré la prolongation du projet, il n’a pas été nécessaire d’intervenir de nouveau.

Les chèvres qui engendraient un surpâturage ont été capturées et transportées le 7 juin 2016 jusqu’à un grand enclos, propriété d’une association caprine sur la commune d’Evenos. Seuls 4/5 boucs sont gardés sur le site pour entretenir les milieux ouverts.

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