Restauration des étangs d’intérêt communautaire


Un des objectifs du projet est de restaurer les étangs d’intérêt communautaire du Camp militaire de Chambaran.

Etude préalable aux travaux (Action A1)

L’étude préalable aux travaux est nécessaire à la bonne réalisation des actions concrètes de restauration et de conservation. Il s’agira d’analyser le fonctionnement des étangs, mais aussi la faune (mollusques, coléoptères, odonates…) et la flore associées.

Les espèces et les habitats inscrits à l’Annexe 2 de la Directive habitat et les espèces remarquables (inscrites sur les listes rouges) seront particulièrement étudiés.

Les inventaires se sont déroulés en 2013 sur les 8 étangs du camp militaire et une mare. La première chaine d’étang se trouve au nord, elle regroupe les étangs de la femme, des meuniers, des bécassines, des nénuphars et des sans-soucis.  La deuxième est au sud et regroupe le Petit étang de Vienne et le Grand étang de Vienne. Non loin se trouve la mare de la ferme des Lilas. Un étang est isolé à l’ouest : l’étang de Chazal Garnier.

 L'intérêt naturaliste du site a dépassé nos espérances. Sur le camp, la biodiversité est favorisée par la mosaïque de milieux variés qu’il accueille : boisement, réseau d’étang, mare, ruisseau et ornières, lande du champ de tir… Ceci explique les très bons résultats des études menées en 2013 :

  • Le CEN Isère a inventorié les habitats dont le gazon amphibie, habitat d’intérêt communautaire (Code 3130 et 3150) visé par le projet Life. Au total se sont 88 espèces végétales retrouvées autour des 8 étangs et de la mare des Lilas dont 12 patrimoniales.
  • La LPO Drôme a recensé 46 espèces d’Odonates dont la Leucorrhina caudalis (en danger) et Oxygastra curtisii (vulnérable), inconnue du département de l’Isère.
  • La LPO Isère a trouvé 9 espèces d’amphibiens (dont le sonneur à ventre jaune) ; 11 espèces de mammifères (dont le castor d’Europe) ; 108 espèces d’oiseaux dont 15 de l’annexe 1 de la Directive Oiseau ainsi que 5 reptiles.
  • Dans son rapport intermédiaire, l’Association Rosalia recense 173 espèces de Coléoptères, dont certaines peu fréquentes. Le rapport final est prévu pour septembre car il était nécessaire d’inventorier une nouvelle fois ces espèces au printemps.
  • Par contre, Alain Bertrand a trouvé un peuplement de mollusques aquatique et terrestre très pauvre. C’est sûrement à mettre en relation avec l’acidité du substrat et la jeunesse des boisements

Une étude abiotique (fonctionnement hydraulique, diagnose physico-chimique, état des ouvrages hydrauliques) va compléter ces résultats afin de proposer une gestion des étangs prenant en compte les enjeux naturalistes.

Il faut par ailleurs saluer le gros investissement des militaires du camp pour la réalisation de ces inventaires. En effet, ils ont nécessité le passage d’une petite dizaine de structure, soit une cinquantaine de personnes. Il a fallu accueillir les naturalistes, leur transmettre une formation sur le risque pyrotechnique, faire le point chaque matin avec les intervenants sur les zones accessibles ou non en fonction des tirs prévus sur le camp…

Restauration des étangs (Action C1)

En fonction des résultats de l’étude préalable (action A1), une restauration des étangs sera réalisée en deux phases (2014 et 2015). Il est prévu :

  • La mise en place d’un moine à l’exutoire d’un étang et la restauration d’une digue (fuite)
  • L’abattage des boisements de bouleaux (pas d’intérêt communautaire)
  • Le reprofilage de berge afin de reconquérir des grèves d’étang

L’objectif est de freiner la dynamique de végétation qui colonise les habitats pionniers des grèves d’étangs (code 3130 et 3150) et à retrouver un marnage favorable à ces derniers. En effet, les communautés végétales aquatiques des grèves sont des pelouses rases, clairsemées, se développant grâce au gradient d’humidité présent sur les pentes à faible déclivité et grâce à une exondation temporaire. En plus de la restauration des habitats d’intérêt communautaire, ces travaux vont favoriser la colonisation d’espèces remarquables et/ou protégées.

 En 2014, il s'agit de réaliser la sécurité des digues qui sont colonisées par des arbres. En effet, les racines peuvent endommager les ouvrages, comme c'est le cas sur l'étang de la femme (actuellement vide). Deux autres objectifs sont poursuivis : la restauration de la mare des Lilas (colonisées par la forêt) et la lutte contre le robinier.

 

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