Préservation des populations de chauves-souris forestières

Etude préalable aux actions de préservation (Action A3)

Cette étude a essentiellement pour but de réaliser :

  • un inventaire des espèces de Chiroptères d’intérêt communautaire présentes sur le site 
  • une identification  des gîtes et des territoires de chasse
  • des propositions de mesures de restauration des habitats

En 2013 et 2014, les LPO Isère et Drôme ont réalisé un inventaire des chiroptères sur la forêt du camp de Chambaran. Ce travail est particulièrement délicat car, contrairement aux grottes, les chauves-souris se répartissent sur tout le massif, changent de gîte tous les 2 ou 3 jours… Ainsi deux techniques ont été utilisées :

-          la détection acoustique à partir de 60 points répartis dans la forêt (soit 240 nuits d’enregistrement des ultrasons de juin à août).

-          la télémétrie en juillet 2013. Il s’agit de radiopistage de chauves-souris qui ont été équipées d’un émetteur, suite à une capture au filet pendant leur activité de chasse et/ou de transit.

Le résultat est particulièrement intéressant car sur les 30 espèces connues en Rhône-Alpes, 23 ont été identifiées sur le camp de Chambaran dont 8 inscrites à l’annexe II de la Directive Habitat, faune, flore dont le Grand Rhinolophe et le Murin de Bechstein en danger critique d’extinction.

L’étude a été menée sur la partie forestière du camp militaire de Chambaran (zone qui entoure le champ de tir), incluse dans le périmètre Natura 2000. Ceci représente près de 800 hectares, soit la zone de gestion de l’ONF, excepté les parcelles du n° 73 à 78 (cf. carte suivante). La gestion de la forêt joue bien un rôle déterminant pour les 11 espèces forestières contactées car elle sert de lieu de reproduction, de transit et parfois d’hibernation. Les actions pour améliorer le gîte des chauves-souris sont en discussion avec l’ONF, gestionnaire de la forêt du camp.                                                                                                                                                     

Travaux de restauration des gîtes et zones de chasse des chauves-souris  (Action C5)

            Cet enjeu chiroptère, inconnu précédemment, a été rajouté dans l’arrêté du site Natura 2000. La gestion des 800 ha de forêt entourant le champ de tir joue bien un rôle déterminant pour les 11 espèces forestières contactées car elle sert de lieu de reproduction, de transit et parfois d’hibernation. Mais le diagnostic préalable réalisé dans le cadre du dossier de candidature était faux. La stratégie d’intervention était donc à revoir.

 

Dès 2014, à partir des conclusions de l’étude sur la fréquentation (action A5) des échanges ont eu lien entre le CEN Rhône-Alpes, la LPO et l’ONF. Le vieillissement prématuré des arbres a été écarté au profit d’une action de préservation de l’existant sur le moyen et long terme. Un travail avec l’ONF a permis de :

-      Lancer et réaliser une étude complémentaire pour lier les résultats de l’inventaire à la gestion forestière, en juin 2015. Ce diagnostic a montré des incompatibilités entre la gestion envisagée par l’ONF et les enjeux chiroptères

-      Former des agents forestiers aux enjeux chiroptériques s’est tenue le 3 novembre 2015. Le 29 février 2016, un martelage commun ONF/LPO et CEN a permis d’échanger sur le choix des arbres à abattre.

-      Réaliser un nouveau plan d’aménagement forestier qui va au-delà des orientations régionales et nationales :

ü  Un objectif de traitement en irrégulier avec 50% de Gros bois et très gros bois

ü  Des zones de sénescences, mieux positionnées (15 ha) et augmentée, soit près de 40% de la forêt en îlots de vieux bois (Vieillissement+Sénescent)

ü  Une régénération naturelle généralisée, suppression des plantations résineuses…

ü  Un maintien et marquage des arbres à cavité, loge…

La possibilité de réserver 10 gros bois à l’hectare est indiquée et sera évaluée, au même titre que toutes les actions lors d’un bilan à mi-parcours en 2024. Les actions complémentaires (suivi cartographique des arbres bio, mise en œuvre de régénérations dirigées, restauration écologique de mares forestières) sont conditionnées à l’octroi de financements extérieurs.

Afin d’améliorer les zones de chasse des chauves-souris, une mare forestière au Nord Ouest, près de l’étang Bayard, a été restaurée en Octobre 2016.

Afin de pallier au manque de gîte au sein du peuplement forestier de Chambaran, le CEN Isère et les militaires du camp ont réhabilité deux anciennes cibles mobiles, tout à l’ouest et au centre du camp, en juillet 2017.

-      La cible mobile à l’Ouest a fait l’objet d’une réhabilitation de la toiture en Juillet 2017 et d’aménagements pour les chauves-souris : occultation des fenêtres et cheminée, aménagement de la porte d’accès, pose de gîtes à chauves-souris (briques creuses, planches de bardage…).

-      Le bâtiment désaffecté au centre du camp présentait une très faible capacité d’accueil. Quatre briques creuses ont été fixées au mur pour augmenter le potentiel de ce gîte.

 

Share