Maintenir l’avifaune des milieux ouverts

 Etude préalable à la restauration des habitats par le pastoralisme (Action A2)

Vautour percnoptere GFrechetHormis les champs de tir et les zones de manœuvre qui sont entretenus et débroussaillés, la dynamique de la végétation est à la fermeture, entraînant peu à peu la disparition des habitats pour les espèces d’oiseaux remarquables recensées sur le site.

Cette étude a été menée au début du projet dans l’objectif de définir les lieux et types d’intervention utiles pour mettre en œuvre les actions C2 (restauration des habitats) et C3 (ressources alimentaires) sur le camp des Garrigues. Il s’agissait de :

  • Effectuer un diagnostic de la dynamique de végétation sur le périmètre Natura 2000
  • Proposer des solutions agricoles adaptées (localiser et définir les travaux de restauration sur la végétation, définir un plan de gestion pastoral)
  • Proposer les secteurs les plus propices à l’installation d’équipements agricoles et de suivi.

L’étude pastorale a été réalisée sur la partie militaire de la ZPS, soit 1980 ha ; une surface de 190 ha a été proposée par l’OIER SUAMME. Suite à des contraintes liées à l’accès et au risque pyrotechniques, seules 95 ha de travaux ont été définis avec l’Armée en fonction de leur faisabilité (risque pyrotechnique, activité militaire…).

Parallèlement à ce travail, le SMGG a rencontré 2 éleveurs potentiels (dont un déjà présent sur certaines parties du camp) afin de s’assurer de l’entretien des milieux ouverts par une gestion pastorale.

Dix espèces d’oiseaux (Annexe I DO) ont bénéficié de cette action : l’Aigle de Bonelli, l’Alouette lulu, le Bruant ortolan, le Busard cendré, le Circaète Jean-le-blanc, l’Engoulevent d’Europe, la Fauvette pitchou, le Grand-duc d’Europe, le Pipit rousseline et le Vautour percnoptère.

 Restauration des habitats d'espèces d'oiseaux d'intérêt communautaire (Action C2) 

Lavogne1bis

Suite à l’étude pastorale (cf. Action A2), le projet a réalisé 3 types d’action : 

   - la construction de deux lavognes, dépressions aménagées en abreuvoir pour les brebis, points d’eau temporaires recueillant les eaux de pluie et de ruissellement anciennement très utilisées dans les milieux secs pour le pastoralisme.

   - la réouverture des milieux sur 95 ha dans l’objectif d’une restauration des milieux ouverts entretenus par le pastoralisme.

   - la mise en place d’une gestion écologique par pâturage       

    La première lavogne est située au Bivouac du Grand Chêne. Elle a été décalée de quelques mètres suite à la recherche d’anomalie magnétique qui a détecté des cibles dangereuses. Le chantier s’est déroulé du 28 mai au 30 septembre 2014. L’ouvrage est une dépression de forme conique, d’un diamètre de 10 mètres et d’une profondeur de 1 mètre en son centre (capacité de 26 000 litres). Les abords de la lavogne ont été végétalisés (trèfle et chiendent) afin de limiter le ravinement par une reprise rapide de la végétation.

Le diagnostic et la dépollution pyrotechniques indispensables avant la réalisation de la 2ème lavogne et du débroussaillage a été l’occasion d’établir un mode d’intervention et une procédure adaptée à la prise en compte de ce risque. Un calendrier de ces travaux préalables a été établi par secteur et a évolué suite aux aléas du diagnostic pyrotechnique. Située dans le secteur du Pavillon, la construction de la deuxième lavogne s’est déroulée de début mai à fin juillet 2017.

Les travaux de restauration des habitats de pelouse sèche méditerranéenne se sont déroulés sur un peu plus de 95 ha (96,36 ha) en 2017. Néanmoins, le SMGG et les militaires se sont appuyés sur des tests afin de préparer au mieux les travaux :

  • conseils de l’ONF sur la réhabilitation de zones ayant subi un diagnostic pyrotechnique et retour d’expérience d’une technique d’arrachage du Chêne kermès sur une commune du SMGG.
  • un débroussaillage et un bûcheronnage sur une parcelle d’environ 2 ha dans le secteur de Poulx en août-septembre 2015 à l’initiative de la section pionniers du 2ème REI, à l’aide de tronçonneuses, de tracteurs-broyeurs et d’un tracteur téléguidé, engin acquis par le Ministère des Armées. Ce type de machine s’est avérée efficace sur entretien de repousses peu anciennes, pas sur des zones denses de garrigue.

 En raison des complications liées à la dépollution pyrotechnique, le brûlage dirigé et le débardage avec énergie animale n’ont pas pu être menés.

 Pour la gestion par le pastoralisme, deux éleveurs ont été démarchés lors de l’étude pastorale menée en 2013 :

  • un propriétaire d’un troupeau de 600 brebis qu’il mène sur le camp de mars à décembre. Il menait déjà son troupeau sur le camp avant le projet.
  • un propriétaire de 2000 brebis a pu pâturer dans le secteur « Poulx » dès 2016, entre janvier et avril selon la ressource pastorale. Une Autorisation d’Occupation Temporaire a été accordée en janvier 2018 pour officialise son passage dans le camp.

 Un calendrier de pâturage a été défini pour chaque secteur par éleveur, en collaboration avec l’armée, et intégré dans les AOT. Les Mesures Agri-environnementales semblent suffisantes pour que le 1er éleveur accepte de faire pâturer son troupeau. Pour le 2ème éleveur arrivé grâce au Life, le simple fait de disposer de nouvelles zones de pâturages dans son parcours pastoral a suffi à le motiver.

 La pose de clôtures fixes, initialement prévue dans le projet, n’a pas pu être réalisée en raison des délais liés au risque pyrotechnique. Il nous a semblé plus pertinent de se doter de clôtures mobiles et équipements directement mobilisables par les bergers, par le biais d’un prêt à usage gratuit : une tonne à eau de 3000 litres homologuée afin d’acheminer l’eau dans les zones de garrigues, 7 abreuvoirs, 48 filets mobiles et 4 batteries qui serviront à parquer les brebis.

 Le nombre de brebis (2600) sera suffisant pour entretenir les habitats mais un entretien mécanique complémentaire sera nécessaire une ou deux années après la réouverture pour contenir la repousse des ligneux, ainsi que nous le préconise l’étude pastorale menée en 2013.

Restauration de la ressource alimentaire de rapaces d’intérêt communautaire - Action C3

Aigle Bonelli2 SK 2010

L’action C3 prévoyait des opérations de repeuplement en lapin de garenne par la construction de 8 garennes à pierre sèche avec des lâchers de lapins. Par ailleurs, la création d’une placette d’alimentation pour le Vautour percnoptère avait pour objectif d’assurer une offre alimentaire régulière permettant de favoriser la dynamique de population de cette espèce menacée.

Le 14 mars 2014, une journée technique d’échanges sur la réintroduction du lapin de garenne menée par le Syndicat de gestion des gorges de l’Ardèche et les chasseurs de l’Ardèche a permis de rassembler toutes les parties prenantes des Garrigues (chasseurs, bâtisseurs à pierre sèche, des naturalistes et des gestionnaires d’espaces naturels).

En ce qui concerne la construction des garennes, il a été établi que les 8 garennes prévues seraient construites en 2 lots comprenant chacun une grande garenne (mère), trois petites et des aménagements complémentaires (refuges, abreuvoirs…) à l’intérieur d’un même enclos. Les 2 territoires différents d’implantation de deux noyaux de population ont été situés à l’intérieur du domaine vital des 2 couples d’Aigle de Bonelli : Secteur de Poulx (travaux réalisés en 2015 avec 3 lâchers d’une quarantaine de lapin chacun) et le plateau Saint-Nicolas dans le secteur du « Pavillon » (travaux réalisés en 2017 suite au diagnostic pyrotechnique avec 2 lâchers d’une quarantaine de lapin chacun).

La localisation des lots de garennes a été choisie en concertation avec l’ensemble des parties prenantes et en évitant les cibles dangereuses identifiées par la recherche d’anomalies magnétiques (RAM) :

Sur les 2 Garennes, des filets de volière ont été tendus au-dessus des enclos (environ 1200 m²) afin d’empêcher les prédateurs aériens de s’y introduire et des tunnels ont été aménagés dans le grillage pour permettre la circulation des lapins après la période d’acclimatation.

Des panneaux d’information permettent d’informer les usagers des enjeux et objectifs de ces aménagements. Une zone d’interdiction de chasse au lapin de garenne autour des enclos, définie avec les Sociétés de chasse de Poulx et de Nîmes, le 2ème REI et l’ONCFS, a été matérialisée par des panneaux et inclue dans le règlement de la chasse sur le camp des Garrigues.

Le renforcement des populations de lapin de garenne étant une opération relativement difficile des mesures sont prévues après-life pour l’inscrire dans la durée.

La placette d’alimentation a été définie dès 2013 au lieu-dit « Garrigues du Pontel », sur un point haut dans la partie ouest de la ZPS. La forte pollution par des munitions dans le sol a nécessité une dépollution préalable et le chantier s’est terminé début mars 2017, juste avant le retour de migration des Vautours percnoptères. Un piège photographique a permis le suivi de la fréquentation. Deux panneaux d’information ont été fixés sur le portail et le grillage afin d’informer les usagers des objectifs de cet aménagement.

Suite à une demande auprès de la Direction Départementale de Protection des Populations (DDPP), un arrêté préfectoral du 30 décembre 2016 a autorisé le SMGG à exploiter la placette d’alimentation. Elle est mixte, c’est-à-dire qu’elle peut être approvisionnée à la fois avec des déchets de boucherie et avec des cadavres issus d’élevages locaux. Ainsi, la placette a été approvisionnée du 14 mars au 9 août pendant la période de présence du Vautour percnoptère. 

Liens utiles

Site internet du PNA Bonelli : http://www.aigledebonelli.fr

Site internet de la LPO Mission rapaces concernant le PNA Vautour percnoptère : http://rapaces.lpo.fr/vautour-percnoptere/suivi-et-conservation

 

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