Evaluation de l'impact du projet

Appropriation des enjeux Natura 2000 par les militaires (Action D2)

 L’objectif de cette action était double :

  •           mesurer l’appropriation du concept de développement durable et la place donnée à la biodiversité dans la perception des enjeux, en correspondance avec la société en général
  •          mesurer l’impact des actions de communication et de sensibilisation mises en œuvre dans le cadre du projet, mais aussi plus largement dans la politique de développement durable du MINARM, et de dégager des orientations sur la communication future.

 Une première enquête a été réalisée en 2014 et une deuxième en 2017 (fin du projet). Les 2 enquêtes se sont basées sur un panel représentatif de 500 personnes (suivant Armées et catégorie de personnel) avec un taux de réponse globale de 30 %.

 Dans les 2 enquêtes, 98 % ont entendu parler de la thématique du développement durable, principalement par le canal des médias et d’internet. Cependant, parmi les 8 propositions de thématiques liées au Développement Durable, la question de la biodiversité devient une des 5 priorités pour 30 % Les connaissances du personnel du MINARM et la place de la biodiversité par rapport aux thématiques du développement durable est identique à la population.

 Fait nouveau pour l’enquête de 2017, 10 % des répondants fait référence à des actions de protection de la nature directement liées à leur expérience sur un camp ou une base aérienne.

 Pour cette 2ième évaluation, le pourcentage de répondants qui ont connaissance du fait que les camps militaires recèlent une faune et une flore remarquables, a peu évolué passant de 75 % à 79 %. Ce pourcentage très important montre que depuis toujours le personnel du MINARM est sensible aux richesses naturelles de ses terrains.

          Concernant les engagements du MINARM en matière de protection de la biodiversité, les pourcentages ont très peu évolué : la moitié ne les connaisse pas ; 53% considèrent l’Armée dans son rôle.

Evaluation de l’impact socio-économique et écosystémique (Action D3)

Au regard du peu de cadre et connaissance actuel de l’évaluation socio-économique, nous avons décidé de réaliser 2 stages au lieu d’un initialement prévu.

Le stage de 6 mois (Mars à Août 2017) nous a permis de nous focaliser sur les actions menées dans le cadre du Life et ses impacts. Un stage de 3 mois (Juin à Août 2017) met en perspective ce travail dans un cadre plus large des Life nature et de la demande de la commission européenne.

Un bilan des études socio économiques réalisées dans les Life Envoll, GypHelp, Alpilles et Desman a montré que chacun met en œuvre des méthodologies différentes. Cela est à mettre en lien avec le fait que la commission européenne ne propose pas de cadre. Pourtant, les rapports du Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie (Evolution économique et institutionnelle du programme Natura 2000 en France, Mars 2006) et de l’Institute European Environmental Policy (Assessing socio-economic benefits of Natura 2000, a toolkit for practitioners, Septembre 2009) proposent des méthodologies claires pour l’évaluation socio-économique des Life Nature.

Ainsi, nous avons établi une grille d’analyse. Elle rassemble les propositions du CREDOC, de l’IEEP et des autres projets Life. Elle permet de s’adapter à tous les projets. Cette grille permet de savoir si l’étude socio-économique menée répond aux attentes sur le sujet.

Elle préconise également de réaliser le même type d’étude que celle du Life des Alpilles, c’est-à-dire :

-      Comptabiliser les entrées/sorties de capitaux via l’étude des acteurs directement ou indirectement impactés par le projet d’un point de vue économique

-      Identifier les services éco-systémiques et les quantifier

Le deuxième stage avait pour objectif de découler la méthodologie au projet Life defense Nature 2 mil

Hélas ce stage de 6 mois a commencé bien avant les conclusions du stage précédent et ne nous a pas permis de dérouler la méthodologie jusqu’au bout.

Pour chaque site, nous avons dressé le listing des acteurs des impacts directs ou indirects ainsi que les services écologiques associés. Hélas nous n’avons pas pu aller jusqu’à la quantification.

Les bénéfices directs économiques peuvent principalement se définir en 2 catégories :

-      Temps de travail (offre d’emploi) pour les bénéficiaires cela correspond à 850 355 euros.

-      L’augmentation de l’offre économique, notamment pour les PME locale :

  • l’achat de matériel pour plus de 328 000 euros
  • prestations sont estimées à près de 743 000 euros. Les entreprises ont souvent travaillé sur des chantiers particuliers dans ce projet. Ils ont acquis un savoir faire qu’ils pourront faire valoir ultérieurement.
  • le chantier de dépollution pyrotechnique a permis un gain économique important aux sociétés Sita Remediation et Géomines 120 000 euros sur les zones du Life.
  • Le développement du pastoralisme offre une activité économique pour deux éleveurs.
  • Ce gain économique se traduit aussi par l’acquisition de matériel pour l’ONCFS (petit matériel lié à leur mission dans le camp des Garrigues) et du prêt de matériel au MINARM pour la gestion des espaces naturels (Chambaran)

Pour chaque site, on peut souligner les services socio-économiques suivants :

Aspretto : La dimension sociale touche essentiellement l’amélioration de la sécurité de la base : L’installation des blocs rocheux, permet de protéger la centaine de personne de la base et 131 bateaux des dégâts liés aux tempêtes ; L’élargissement de la digue permet de faciliter le retournement des engins pour l’entretien de la digue ; meilleure connaissance de la fréquentation du site).

Chambaran : Le service culturel touche la dimension éducative (1ier acquisition de connaissances naturalistes, mise en œuvre d’expertise de gestion des milieux naturels, sensibilisation à la biodiversité des terrains militaires…). Le service social concerne la coopération et la dynamique des différents acteurs du camp (Armée, ONF, CEN Isère, pêcheurs…). A la dimension économique classique (prestation, temps de travail…), il faut ajouter le développement d’une activité économique lié à la lutte contre le robinier.

Garrigues : Le projet a permis également une meilleure coopération des différents acteurs du camps dans le domaine de la biodiversité Armée, SMGG… L’innovation ici vient du fait que la SMGG a acquis de nouvelles compétences (construction en pierre). La valeur éducative (service culturel) a consisté à connaitre comment gérer un espace naturel avec un risque pyrotechnique. C’est tellement important qu’il reste un modèle pour de nombreux autres gestionnaires. La protection du percnoptère permet à la société d’éviter des coûts car ces vautours contribuent à l’élimination d’une partie du gisement du service public de l’équarrissage (économie de 400 000 euros en France – Source PNA Vautour Fauve).

Mont-Caume : Les différents travaux ont contribué notamment à la sécurité des biens et des personnes (service social) : limitation des dégâts sur les appareils d’ERDF, diminution des squats, diminution des activités illicites…).

 
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